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Facturation électronique 2026 : comment les artisans du bâtiment et les TPE/PME du secteur construction peuvent se préparer concrètement
Préparez votre TPE/PME du bâtiment à la facturation électronique 2026 : obligations, mise en conformité et conseils concrets pour réussir la dématérialisation

Facturation électronique 2026 : comment les artisans du bâtiment et les TPE/PME du secteur construction peuvent se préparer concrètement
La réforme de la facture électronique va changer en profondeur la façon de facturer dans le bâtiment. À partir du 1er septembre 2026 (date actuellement envisagée), l’émission et la réception des factures entre entreprises deviendront progressivement dématérialisées et structurées. Pour les artisans du bâtiment et les très petites/petites entreprises de construction, l’enjeu est double : respecter le calendrier légal et transformer cette contrainte en levier pour mieux gérer devis, facturation d’avancement et relances clients.
Cet article présente le calendrier de la réforme, les impacts spécifiques pour le secteur du bâtiment (marchés publics, acomptes, retenues de garantie, sous-traitants) et propose une approche très concrète pour :
- choisir un logiciel de facturation bâtiment adapté,
- faire évoluer les process de devis et de suivi de chantiers,
- organiser le soutien administratif (interne ou externalisé) pour réduire les erreurs et le stress.
1. Comprendre la réforme de la facturation électronique 2026
👍 Avantages
- + Standardisation des formats de facturation
- + Suivi renforcé des échanges B2B grâce à l’e-invoicing et l’e-reporting
- + Simplification progressive pour les entreprises déjà habituées à Chorus Pro ou aux grands donneurs d’ordre
👎 Inconvénients
- − Obligation d’utiliser une plateforme PDP ou OD, impliquant une adaptation des outils
- − Nécessité d’adapter les outils de devis/facturation pendant la phase transitoire
- − Disparition des factures papier et PDF “simples”, nécessitant un changement d’habitudes
1.1. Les grands principes de la réforme
La réforme de la facturation électronique repose sur trois piliers :
- E-invoicing : émission et réception de factures électroniques structurées entre entreprises.
- E-reporting : transmission de certaines données de facturation à l’administration fiscale (pour les opérations non couvertes par l’e-invoicing, notamment en B2C).
- Plateformes : utilisation obligatoire d’une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) ou d’un Opérateur de Dématérialisation (OD) interfacé avec le portail public de facturation.
Toutes les entreprises seront concernées, y compris les TPE/PME du bâtiment et les artisans travaillant avec des particuliers, des entreprises ou des donneurs d’ordre publics.
1.2. Le calendrier et l’échéance du 1er septembre
From 1 September
From 1 SeptemberGradual rollout of the e-invoicing obligation according to company size, with SMEs and micro-businesses generally following large companies
Transitional phase
Transitional phaseGradual generalisation of e-invoicing and e-reporting, with adaptation of quoting and invoicing tools and progressive ramp-up
Full rollout
Full rolloutAll companies use electronic invoicing for B2B flows, marking the end of paper invoices and simple PDF invoices for business-to-business exchanges
Le calendrier précis peut encore évoluer, mais la logique reste la suivante :
| Étape | Contenu | Impact pour le secteur du bâtiment |
|---|---|---|
| À partir du 1er septembre | Déploiement progressif de l’obligation selon la taille des entreprises | Les PME et micro-entreprises du bâtiment suivent le rythme imposé, généralement après les grandes entreprises |
| Phase transitoire | Généralisation progressive de la facturation électronique et de l’e-reporting | Adaptation des outils de devis/facturation, montée en charge progressive |
| Généralisation | Toutes les entreprises utilisent la facturation électronique pour les flux B2B | Fin des factures papier ou des simples factures PDF pour les échanges entre professionnels |
Les entreprises du bâtiment travaillant déjà sur des marchés publics (via Chorus Pro) ou avec de grands donneurs d’ordre connaissent une partie de ces obligations, mais les formats vont être harmonisés.
2. Spécificités du bâtiment : pourquoi un simple outil de facturation ne suffit pas
2.1. Devis, acomptes, avancement, retenue de garantie : un cycle complexe
La facture électronique dans le bâtiment doit refléter la réalité des chantiers, souvent plus complexe que dans d’autres secteurs :
- Devis détaillés par poste, ouvrage, lot.
- Acomptes et situations intermédiaires.
- Facturation d’avancement mensuelle ou au fur et à mesure de l’avancée des travaux.
- Retenues de garantie, pénalités éventuelles, révisions de prix.
- Multiplicité de types de clients : particuliers, syndics, collectivités, maîtres d’ouvrage, entreprises générales.
Les logiciels de facturation généralistes gèrent rarement correctement :
- la facturation d’avancement,
- le calcul automatique des retenues de garantie,
- le lien entre marché de base, avenants, travaux supplémentaires et facturation.
Se préparer à la réforme suppose donc de choisir un outil orienté bâtiment, compatible avec la facturation électronique.
2.2. Artisans, PME et marchés publics
Pour les marchés publics, la facturation est déjà dématérialisée via Chorus Pro. Avec la réforme :
- Les factures devront être compatibles e-invoicing (format structuré).
- Le lien avec les bons de commande et numéros de marché sera encore plus crucial.
- Les données transmises (montants HT/TTC, TVA, identifiants clients, SIREN, etc.) devront être justes dès le premier envoi, sous peine de rejet des factures et de retards de paiement.
3. Transformer la réforme en actions concrètes dans une entreprise du bâtiment
3.1. Cartographier les flux de facturation actuels
Avant de parler logiciel, il est utile de poser à plat les flux existants :
- Entrées :
- commandes clients, contrats signés, bons de commande, ordres de service, avenants.
- Production :
- devis, situations de travaux, procès-verbaux de réception, fiches chantier.
- Sorties :
- factures d’acompte, situations de travaux, factures de solde, avoirs.
- Flux associés :
- factures fournisseurs de matériaux, factures de sous-traitants, notes de frais des salariés.
Ce travail peut être mené en interne ou avec un secrétariat externalisé spécialisé bâtiment, qui aide à :
- lister les documents utilisés,
- clarifier les responsabilités (qui fait quoi, et quand),
- identifier les goulots d’étranglement qui retardent l’émission des factures.
3.2. Choisir et paramétrer un logiciel de facturation bâtiment compatible e-invoicing
Critères clés pour un logiciel de facturation bâtiment dans le contexte 2026 :
- Gestion native :
- des devis et factures de chantier,
- des acomptes, situations d’avancement, retenues de garantie, avenants.
- Capacité à se connecter à une PDP ou un OD.
- Possibilité de lier suivi de chantier (heures, achats de matériaux) et facturation.
- Export propre pour l’expert-comptable (pré-comptabilité).
Un soutien administratif peut aider à :
- paramétrer les plans de facturation,
- structurer des bibliothèques d’ouvrages,
- vérifier les mentions obligatoires (TVA, pénalités de retard, conditions de paiement, numéro de marché, etc.).
4. Revoir les processus internes : du devis à l’encaissement
4.1. Fluidifier la chaîne devis → commande → facture
La facturation électronique ne corrige pas un process mal organisé. Étapes clés :
- Devis : complet, signé, bien classé (papier + numérique).
- Bon de commande ou contrat : mentionnant les références essentielles (numéro de commande, client, chantier).
- Suivi de chantier :
- suivi du temps,
- saisie des achats de matériaux,
- suivi des sous-traitants.
- Émission de la facture :
- rapidement après l’avancement des travaux,
- conforme au devis/contrat.
- Relances clients : organisées, tracées, sans improvisation.
L’automatisation de certaines étapes (saisie, classement, envoi des factures, relances) peut être confiée à un soutien administratif spécialisé bâtiment pour libérer du temps sur les chantiers.
4.2. Lien avec notes de frais et achats de chantier
Les salariés itinérants génèrent :
- tickets de carburant,
- péages, repas, petits achats d’outillage.
Pendant ce temps, le conducteur de travaux ou le dirigeant gère :
- commandes fournisseurs,
- livraisons chantier,
- factures de sous-traitants.
Avec la facturation électronique, l’objectif est de :
- intégrer ces flux dans une pré-comptabilité claire,
- affecter chaque dépense à un chantier,
- rapprocher coûts réels et facturation client.
Un secrétariat externalisé peut prendre en charge :
- la saisie et le classement des justificatifs,
- la préparation des dossiers pour l’expert-comptable,
- le suivi des encaissements et des relances.
5. Trésorerie, suivi de chantier et sécurisation des paiements
✓ À retenir
- • La facturation plus fréquente et structurée réduit les erreurs (TVA, SIRET, références) et accélère les encaissements
- • Un suivi organisé des factures (échéances, acomptes, soldes, rétention) améliore directement la trésorerie
- • Un processus de relance client structuré (planning de relances, tableau de bord, éventuelle externalisation) rend la gestion des impayés plus efficace
5.1. Facturer plus vite, avec moins d’erreurs
La réforme pousse à la structuration des données. Avec des outils et process bien réglés, il devient possible de :
- Émettre les factures au fil de l’eau (mensuellement ou à l’avancement) plutôt que plusieurs semaines après.
- Réduire les erreurs de TVA, de SIRET, de références de commande.
- Améliorer le suivi des échéances : acomptes, situations d’avancement, solde, retenue de garantie.
Impact direct sur la trésorerie :
- moins de litiges,
- moins de factures rejetées,
- des délais de paiement raccourcis.
5.2. Relances clients structurées
⚠️ Risque d'impayés non maîtrisés
Sans planning de relance structuré et suivi (préventive, amiable, puis mise en demeure), la gestion des retards de paiement devient vite ingérable et augmente le risque d’impayés.
Une succession de relances “manuelles”, non tracées, devient vite ingérable dès que le volume de factures augmente.
Pour professionnaliser la gestion des retards de paiement :
- définir un calendrier de relance (préventive avant échéance, puis relances amiables, puis mises en demeure si besoin),
- utiliser un tableau de bord simple : factures en attente, en retard, en litige,
- éventuellement externaliser les relances courantes (hors recouvrement juridique) auprès d’un soutien administratif spécialisé bâtiment.
6. Cas d’usage concrets dans le bâtiment
6.1. Petite entreprise de maçonnerie à Clermont-Ferrand travaillant sur marchés publics
Profil : 6 salariés, chantiers pour des collectivités, devis papier et facturation sur tableur.
Actions concrètes :
- Recenser tous les marchés publics et leurs exigences (numéros, modalités de facturation d’avancement).
- Passer à un logiciel bâtiment capable de gérer les situations de travaux et le lien avec la plateforme publique.
- Confier à un secrétariat externalisé local :
- la saisie des situations,
- le contrôle des mentions obligatoires,
- la transmission électronique des factures et le suivi de leur statut (reçue, validée, en paiement).
Bénéfice : moins de rejets, paiements plus prévisibles, dirigeant plus disponible sur les chantiers.
6.2. Électricien en nom propre travaillant avec de grands comptes
"Depuis qu’on a standardisé nos devis et factures aux formats exigés par nos grands comptes et qu’on est passé à un outil compatible facturation électronique, on a nettement moins de litiges et on passe beaucoup moins de temps sur l’administratif."
Profil : 2 salariés + 1 apprenti, interventions pour des enseignes nationales et grandes entreprises imposant déjà la facturation électronique.
Actions :
- Standardiser les modèles de devis et de factures avec les références exigées par chaque grand client (codes affaires, numéros de commande).
- Migrer vers un outil compatible avec la facturation électronique B2B et la PDP/l’OD choisis par ces clients.
- Externaliser le classement des bons d’intervention, bons de livraison et devis signés pour pouvoir répondre rapidement en cas de litige.
Résultat : moins de litiges de facturation, meilleure image auprès des grands comptes, charge administrative réduite.
6.3. Petite entreprise de rénovation souhaitant centraliser devis, factures et paiements
Profil : entreprise de rénovation tous corps d’état, clientèle mixte particuliers / pros, forte saisonnalité.
Actions :
- Centraliser dans un seul outil :
- les devis,
- les factures,
- le suivi des paiements reçus et des acomptes.
- Mettre en place une pré-comptabilité : ventilation par chantier, type de dépense, TVA, pour faciliter le travail de l’expert-comptable.
- Déléguer à un soutien administratif :
- la relance des pièces manquantes (RIB client, devis signé),
- les relances des retardataires selon un planning précis,
- la préparation des flux de facturation électronique.
Effet : meilleure visibilité sur la trésorerie, moins de factures oubliées, suivi de chantier et des marges plus fiable.
7. Synergies avec les autres outils administratifs du bâtiment
La préparation à la réforme de la facture électronique 2026 peut être combinée avec :
- Des outils de suivi de chantier : saisie des heures, achats de matériaux, comparaison prévisionnel/réalisé.
- Des solutions de gestion documentaire : contrats, DPAE, attestations d’assurance, dossiers DOE, procès-verbaux de réception.
- Une organisation d’archivage (papier + numérique) :
- factures clients et fournisseurs,
- contrats, avenants, courriers.
- Des processus de pré-comptabilité : préparation structurée pour l’expert-comptable (journal des ventes, journal des achats, banque).
Un accompagnement de proximité, par exemple en Auvergne / Clermont-Ferrand, permet d’adapter ces outils aux contraintes réelles : taille des équipes, types de chantiers, niveau d’aisance numérique, contraintes réglementaires locales (urbanisme, marchés publics régionaux, etc.).
Points clés à retenir
- La facturation électronique dans le bâtiment deviendra progressivement obligatoire à partir du 1er septembre 2026, avec un déploiement selon la taille des entreprises.
- La réussite passe par un logiciel de facturation bâtiment adapté (devis, situations, acomptes, retenues) connecté à une PDP/un OD.
- La cartographie des flux administratifs (devis, commandes, factures, notes de frais, achats) est une première étape indispensable.
- Un soutien administratif (interne ou externalisé) permet de sécuriser la trésorerie : facturation plus rapide, moins d’erreurs, relances structurées.
- La réforme est une opportunité pour mieux lier suivi de chantier, facturation et pré-comptabilité et piloter l’entreprise avec des données plus fiables.


