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Ciment : livraisons en baisse de 18,8 % – comment s’adapter administrativement dans le bâtiment ?

Baisse des livraisons de ciment 2026 : comprenez le marché du ciment, l’impact sur vos chantiers et optimisez votre adaptation administrative

Baisse des livraisons de ciment 2026 : comprenez le marché du ciment, l’impact sur vos chantiers et optimisez votre adaptation administrative

Ciment : livraisons en baisse de 18,8 % – comment s’adapter administrativement dans le bâtiment ?

La baisse de 18,8 % des livraisons de ciment à fin janvier 2026 indique un ralentissement de l’activité dans le secteur de la construction. Pour un artisan du bâtiment ou une PME de construction, ce contexte pèse sur les marges, la trésorerie et l’organisation des chantiers. Plutôt que de subir passivement la situation, il est possible de transformer cette période en levier d’optimisation : gestion administrative plus rigoureuse, processus de suivi de chantier plus clairs, comptabilité de chantier mieux pilotée, gestion RH sécurisée.
Objectif : gagner du temps et réduire les risques tout en restant prêt pour la reprise.


1. Comprendre l’impact concret d’une baisse des livraisons de ciment

👍 Avantages

  • + Possibilité de mieux utiliser les temps creux pour réorganiser la gestion administrative
  • + Fenêtre d’opportunité pour revoir le suivi de chantier et les tableaux de bord

👎 Inconvénients

  • Moins de projets lancés ou retardés, avec des volumes de commande réduits
  • Pression accrue sur les prix d’achat et les délais de livraison
  • Trésorerie plus tendue et équipes parfois sous-utilisées
  • Risque de négliger les mises à jour des tableaux de bord et les contrôles de conformité

1.1. Ce que signifie une baisse de 18,8 % pour une PME du bâtiment

18.8%
baisse d'activité

qui se traduit par moins de projets lancés, une pression accrue sur les prix et des coûts administratifs fixes qui ne diminuent pas

Une telle baisse reflète le plus souvent :

  • Moins de chantiers lancés ou des dates de démarrage repoussées.
  • Des volumes de commande réduits, donc des achats plus morcelés.
  • Une pression accrue sur les prix d’achat et les délais de livraison.
  • Des frais administratifs fixes qui, eux, ne diminuent pas.

Pour un artisan ou une micro-entreprise :

  • Plus de temps entre deux chantiers, mais pas forcément mieux utilisé.
  • Une trésorerie plus tendue si les chantiers sont reportés.
  • Des équipes parfois sous-utilisées, avec un risque de désorganisation.

1.2. Les risques administratifs liés au ralentissement

1

Mise à jour des tableaux de bord

Phase de ralentissement de l’activité

Actualiser les devis, commandes et situations de travaux au fur et à mesure, sans les repousser.

2

Contrôles de conformité

En continu pendant la période de creux

Vérifier régulièrement les obligations REP Bâtiment, le suivi des déchets et la conformité de la sous-traitance.

3

Gestion RH structurée

Avant et pendant les ajustements d’activité

Planifier heures supplémentaires, activité partielle et congés avec une traçabilité solide.

4

Refonte de la gestion administrative

Fin de la période de ralentissement

Profiter de la fenêtre de ralentissement pour revoir les processus administratifs et le suivi de chantier.

Dans ce contexte, certains réflexes peuvent nuire à la PME :

  • Reporter la mise à jour des tableaux de bord (devis, commandes, situations de travaux).
  • Négliger les contrôles de conformité (REP Bâtiment, suivi des déchets, sous-traitance).
  • Gérer les RH dans l’urgence (heures supplémentaires, activité partielle, congés) sans traçabilité solide.

À l’inverse, cette phase peut servir de fenêtre de tir pour refondre la gestion administrative et le suivi de chantier, notamment en mettant en place des outils de comptabilité et de gestion pour mieux s’organiser dans les très petites et petites entreprises du bâtiment.


2. Reprendre la main sur le suivi administratif des chantiers

À retenir

  • Structurer quelques documents clés (site file, schedule, materials purchase sheet, site report, financial tracking) est la base d’un suivi de chantier robuste
  • Profiter des périodes de ralentissement pour standardiser les modèles de documents et vérifier la complétude de chaque dossier de chantier
  • Créer une fiche “matériaux critiques” par chantier, avec pour le ciment un suivi des volumes prévus, dates souhaitées, livraisons reçues et écarts
  • Ajuster le planning en fonction des livraisons réelles et communiquer immédiatement par écrit les impacts au maître d’ouvrage et aux équipes internes

2.1. Standardiser les documents clés

Templates de documents de chantier

Pack de modèles standardisés : dossier de chantier, planning prévisionnel, fiche d’achats, rapport de chantier et suivi financier

PDF

Un suivi de chantier solide repose sur quelques documents bien structurés :

DocumentObjectif principalBonne pratique dans le bâtiment
Dossier de chantierRassembler les informations essentiellesCréation systématique à l’ouverture du chantier
Planning prévisionnelVisualiser la charge de travail et les délaisMise à jour à chaque modification de livraison
Fiche d’achat matériauxRelier commandes, livraisons et facturesInclure prix unitaire, référence, fournisseur
Compte-rendu de chantierSuivre l’avancement, les problèmes, décisions clientRédaction régulière, même sur un chantier ralenti
Suivi financierComparer prévisionnel / réalisé (coûts, marges)Mise à jour après chaque facture fournisseur

La période de ralentissement permet de :

  • Standardiser les modèles de documents (devis, bons de commande, comptes-rendus).
  • Vérifier que chaque chantier en cours dispose bien d’un dossier complet (administratif, technique, financier).

2.2. Mieux intégrer les livraisons de ciment dans le suivi

Avec des livraisons plus espacées ou plus erratiques, le lien entre planning et commande de matériaux devient critique :

  • Mettre en place une fiche “matériaux critiques” par chantier : ciment, acier, éléments préfabriqués.
  • Pour le ciment, y faire figurer :
    • Le volume total prévisionnel.
    • Les dates de livraison souhaitées.
    • Les livraisons réellement reçues.
    • Les écarts et l’impact sur le planning.

Puis ajuster le planning :

  • Indiquer immédiatement les conséquences au maître d’ouvrage (par écrit, via compte-rendu ou email).
  • Mettre à jour le planning interne pour l’organisation des équipes et du matériel.

3. Optimiser la gestion administrative : faire mieux avec les mêmes ressources

3.1. Centraliser et simplifier les flux administratifs

Un contexte tendu sur les matériaux exige une gestion administrative plus rigoureuse :

  • Centralisation des commandes : un seul interlocuteur pour valider les commandes de ciment, afin d’éviter les doublons.
  • Numérotation systématique des bons de commande rattachés aux chantiers : facilite les contrôles en comptabilité de chantier.
  • Archivage clair des bons de livraison : indispensable pour vérifier la facturation et les écarts de quantités.

Le recours à un secrétariat externalisé peut être utile pour :

  • Structurer les procédures (nommage des fichiers, classement, relances).
  • Décharger l’artisan ou le conducteur de travaux des saisies répétitives (devis, factures, PV de réception).
  • Mettre à jour des tableaux de bord simples (CA en cours, factures émises, factures à encaisser).

L’externalisation ne remplace pas la gestion interne, mais sécurise l’exécution des tâches et le respect des échéances.

3.2. Mettre la comptabilité de chantier au service des décisions

Avec des volumes de chantiers plus faibles, il devient essentiel de savoir exactement où va chaque euro.

Bonnes pratiques :

  • Bien distinguer les coûts directs par chantier (ciment, autres matériaux, main-d’œuvre, sous-traitance).
  • Mettre en place un suivi mensuel de la marge par chantier :
    • Budget initial.
    • Coûts engagés à date.
    • Coûts restants à engager estimés.
    • Marge prévisionnelle actualisée.

La comptabilité de chantier doit permettre de :

  • Identifier les chantiers structurellement peu marginés (petits travaux dispersés, durées trop longues).
  • Repenser les conditions commerciales : frais de déplacement facturés, minimum de facturation, conditions d’acompte.

4. Sécuriser la gestion RH dans un contexte incertain

4.1. Anticiper les variations de charge de travail

Une baisse des livraisons de ciment s’accompagne souvent d’un rythme de travail irrégulier :

  • Temps morts entre deux phases de gros œuvre.
  • Décalage des interventions des autres corps d’état.

Pour la gestion RH :

  • Programmer les congés payés le plus tôt possible sur les périodes de faible activité.
  • Suivre la répartition des heures supplémentaires pour éviter les dépassements non budgétés.
  • Le cas échéant, étudier les dispositifs de réduction ou d’aménagement du temps de travail prévus par le droit du travail.

La traçabilité reste essentielle :

  • Pointage quotidien fiable (papier ou numérique).
  • Conservation des plannings et feuilles de temps par chantier.

4.2. Respecter les obligations déclaratives

⚠️ Sanctions en cas de manquement

Le non-respect des obligations (DPAE, registre unique du personnel, visites médicales, déclarations sociales et fiscales) expose l’entreprise à des risques d’ajustements, de pénalités financières et à des contrôles plus approfondis.

Même en période de ralentissement, les obligations réglementaires restent les mêmes :

  • DPAE (Déclaration Préalable à l’Embauche) pour chaque nouveau salarié.
  • Mise à jour du registre unique du personnel.
  • Respect des obligations de visites médicales, habilitations et formations à la sécurité.
  • Déclarations sociales et fiscales dans les délais.

Une fonction de secrétariat structurée, interne ou externalisée, permet de limiter :

  • Le risque de redressements et pénalités.
  • Le temps perdu à rassembler les justificatifs lors d’un contrôle.

5. Conformité environnementale et REP Bâtiment : ne pas relâcher l’effort

5.1. REP Bâtiment et gestion des déchets

Même avec moins de ciment en circulation, la réglementation sur les déchets du bâtiment (dont la REP Bâtiment) continue de s’appliquer :

  • Traçabilité des lieux de dépôt des déchets.
  • Conservation des bordereaux de dépôt en déchetterie ou en point de collecte agréé.
  • Organisation du tri à la source sur chantier.

Bonne pratique administrative :

  • Intégrer une rubrique “Déchets / REP Bâtiment” dans chaque dossier de chantier :
    • Justificatifs de dépôt.
    • Modalités de tri.
    • Coûts associés.

5.2. Intégrer la conformité dans les processus de chantier

Plutôt que de traiter la conformité comme une contrainte isolée :

  • Relier la gestion des déchets au suivi de chantier (comptes-rendus, fiches de contrôle).
  • Intégrer les coûts de traitement des déchets dès l’étape de devis.
  • Vérifier que les sous-traitants respectent les mêmes exigences (clauses contractuelles, justificatifs).

6. Exemples concrets d’adaptation pour les professionnels du bâtiment

6.1. Artisan maçon : regrouper et planifier

Un artisan gros œuvre voit ses chantiers décalés en raison de tensions sur les approvisionnements en ciment.
Actions mises en place :

  • Création d’un tableau unique recensant tous les chantiers à venir, avec :
    • Les volumes prévisionnels de ciment.
    • Les périodes de coulage.
    • Les fournisseurs privilégiés.
  • Recours à un secrétariat externalisé pour :
    • Vérifier que toutes les DPAE sont réalisées avant chaque démarrage.
    • Mettre à jour les factures clients à chaque fin de phase (fondations, élévation, dalles).

Résultat : moins d’urgences administratives, meilleure visibilité sur les besoins et la trésorerie.

6.2. PME tous corps d’état : sécuriser le suivi des marges

Une PME du bâtiment intervenant en lots complets (gros œuvre + second œuvre) subit une baisse de commandes.
Décisions prises :

  • Réorganisation de la comptabilité analytique par chantier :
    • Chaque bon de commande et chaque facture de ciment est rattaché à un chantier précis.
    • Un tableau de marge prévisionnelle est mis à jour mensuellement par l’administratif.
  • Mise en place de comptes-rendus de chantier standardisés intégrant :
    • L’avancement des travaux.
    • Les problèmes liés aux livraisons.
    • Les décisions prises avec le client.

Résultat : détection rapide des chantiers en dérive de coûts, ajustement des équipes et, si nécessaire, renégociation des délais.

6.3. Conducteur de travaux : sécuriser RH et conformité

Un conducteur de travaux pilote plusieurs chantiers de logements collectifs avec des coulages de dalles repoussés.

Organisation adoptée :

  • Création d’un planning consolidé des équipes, intégrant les dates probables de livraison de ciment.
  • Coordination avec l’administration pour :
    • Suivre les habilitations, formations sécurité et visites médicales.
    • Centraliser dans chaque dossier de chantier les documents de conformité (DPAE, attestations d’assurance des sous-traitants, bordereaux de déchets).

Résultat : moins de temps perdu à reconstituer les dossiers pour les réunions de chantier ou les contrôles.


Points clés à retenir

  1. La baisse des livraisons de ciment impose un renforcement de la gestion administrative et du suivi de chantier.
  2. La standardisation des documents (dossier de chantier, planning, suivi financier) permet de gagner du temps et d’améliorer la fiabilité des décisions.
  3. Une comptabilité de chantier organisée par affaire aide à protéger les marges dans un contexte de volumes réduits.
  4. La gestion RH doit rester rigoureuse (DPAE, temps de travail, visites médicales), même en période de creux.
  5. Les obligations de conformité, en particulier la REP Bâtiment et la gestion des déchets, doivent être intégrées aux processus de chantier, et non traitées en dernière minute.
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