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Canicule dans le BTP : arrêté des Deux‑Sèvres et checklist chantier
Du 20 au 26 juin 2026, les entreprises du BTP des Deux-Sèvres ont été autorisées à démarrer leurs chantiers dès 6 heures du matin, du lundi au samedi. Mais l’arrêté préfectoral ne règle pas tout : il ouvre une possibilité sur les horaires, à condition de limiter le bruit et de réorganiser le chantier sérieusement. Voici ce qu’un dirigeant de TPE/PME ou un chef de chantier doit vraiment décider, tracer et faire appliquer.

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Commencer à 6 heures ne suffit pas : l’arrêté donne une marge, pas une excuse
Dans les Deux-Sèvres, la préfecture a autorisé les entreprises du BTP à débuter les chantiers dès 6 heures du matin, du 20 au 26 juin 2026, du lundi au samedi. La mesure déroge temporairement aux règles de bruit de voisinage fixées par l’arrêté préfectoral du 13 juillet 2007. Son objectif est clair : permettre les travaux les plus pénibles aux heures les plus fraîches pour protéger la santé et la sécurité des salariés.
Le point important, c’est celui-ci : l’arrêté ne dit pas « commencez plus tôt et débrouillez-vous ». Il dit en substance « commencez plus tôt si cela réduit l’exposition à la chaleur, tout en limitant les nuisances sonores ». La vraie conformité ne se joue donc pas à 6 h 00 sur une montre. Elle se joue dans l’organisation du chantier.
Autrement dit : avancer l’heure sans changer le programme de la matinée, c’est passer à côté de l’intérêt de la dérogation.
💡 Bon reflexe
Ce que l’arrêté autorise vraiment
La page de la préfecture des Deux-Sèvres est précise sur trois points. Premier point : la dérogation est temporaire. Deuxième point : elle concerne les entreprises du bâtiment et des travaux publics. Troisième point : les entreprises doivent prendre toutes les dispositions nécessaires pour limiter les nuisances sonores, notamment en restreignant l’usage des équipements les plus bruyants et en mettant en œuvre des mesures pour réduire la propagation du bruit.
La phrase à retenir est simple : vous pouvez avancer l’horaire, pas ignorer le voisinage. Un marteau-piqueur sous les fenêtres à 6 h 05 reste un mauvais arbitrage si une autre séquence de travail peut être placée en premier.
La préfecture renvoie aussi au RAA spécial n° 79-2026-178 du 19 juin 2026. Pour une PME, cette référence n’est pas un détail administratif : c’est la base documentaire à conserver si vous appliquez la dérogation.
Le bon réflexe chantier : refaire le phasage avant de refaire le planning
Quand la chaleur monte, ouvrir le portail plus tôt ne suffit pas. Il faut déplacer les tâches les plus exposées au début de journée et repousser ce qui peut l’être. C’est le cœur de la logique préfectorale.
Concrètement, la première plage horaire doit accueillir les travaux les plus pénibles ou les plus exposés, dans la limite de ce que le bruit permet. Ensuite, gardez en milieu de matinée les tâches qui demandent surtout de la précision. Enfin, sur les heures les plus chaudes, basculez vers ce qui peut se faire à l’ombre, en intérieur, en contrôle, en préparation ou en approvisionnement.
Une règle simple aide à trancher : si l’effort principal reste prévu à 11 heures, vous n’avez pas adapté le chantier, vous avez juste avancé le café.
Cette logique reste cohérente avec le signal plus large rappelé par la CAPEB fin juin 2026 : l’épisode caniculaire met en évidence l’urgence d’adapter les pratiques du bâtiment aux fortes chaleurs. Sur chantier, cette adaptation commence par un phasage crédible.
Avant 7 heures, le vrai point de friction, c’est le bruit
Dans beaucoup de chantiers, la difficulté la plus immédiate n’est pas la météo mais le voisinage. L’arrêté des Deux-Sèvres crée une dérogation sur les horaires au regard du bruit de voisinage, mais il impose en même temps de limiter les nuisances. C’est là que se joue le bon sens opérationnel.
En pratique, il faut séparer les tâches peu sonores des tâches franchement bruyantes. Très tôt, privilégiez l’ouverture de chantier, l’accueil sécurité, la préparation des postes, les contrôles, l’installation, la mise en place des protections ou certains travaux manuels peu bruyants. Décalez autant que possible les équipements les plus sonores sur une plage un peu plus tardive.
Une entreprise qui explique pourquoi elle démarre plus tôt maîtrise la situation. Une entreprise qui laisse le voisin découvrir le bruit à l’aube subit la situation.
Prévenir le client, le maître d’ouvrage ou les riverains n’est pas une formalité de communication. C’est une mesure de réduction de conflit.
Protéger les équipes : l’horaire n’est qu’une partie de la prévention
Le piège serait de réduire la prévention chaleur à un changement d’heure. L’arrêté parle d’horaires, mais son but affiché est bien de préserver la santé et la sécurité des travailleurs. Sur le terrain, cela oblige à transformer cette intention en mesures visibles.
Cela veut dire : eau disponible, pauses adaptées, recherche d’ombre ou d’abri, répartition des efforts et vigilance renforcée sur les postes les plus exposés. Si vous avancez la prise de poste sans adapter le reste, vous avez déplacé le risque, pas réglé le problème.
La phrase à garder en tête : un chantier canicule se pilote, il ne s’improvise pas.
Le chef de chantier doit notamment pouvoir dire qui surveille la situation, à quel moment une tâche s’arrête, et qui décide d’un report si la journée devient intenable.
La trace écrite qui vous protège : courte, datée, exploitable
En période de fortes chaleurs, une décision orale est vite oubliée, mal comprise ou impossible à prouver. Or l’arrêté des Deux-Sèvres est temporaire et encadré. Si vous l’appliquez, il faut être capable de montrer ce qui a été décidé et comment.
Le minimum utile à conserver est simple : la référence de l’arrêté ou sa copie, le chantier concerné, les dates d’application, l’horaire retenu, les tâches avancées ou décalées, les mesures prévues pour limiter le bruit, et l’information donnée aux équipes.
Inutile de fabriquer une procédure de 20 pages. Une page datée, signée et comprise par le terrain vaut mieux qu’un dossier parfait que personne n’ouvre.
Une bonne traçabilité ne sert pas qu’en cas de contrôle. Elle sert surtout à éviter le flou entre direction, conduite de travaux et chantier.
Checklist opérationnelle : quoi faire, qui le fait, et quelle preuve garder
Voici une version exploitable en PME, pensée pour être utilisée vite.
Vérifier si le chantier entre bien dans la période et le périmètre de la dérogation. Qui : dirigeant, conducteur de travaux ou chef de chantier. Quand : la veille. Preuve : copie ou référence de l’arrêté préfectoral et du RAA spécial n° 79-2026-178 du 19 juin 2026.
Fixer un horaire réel de démarrage. Qui : responsable d’exploitation ou chef de chantier. Quand : la veille avant information des équipes. Preuve : consigne écrite ou message interne daté.
Refaire le phasage de la journée. Qui : chef de chantier. Quand : la veille en fin d’après-midi ou à l’ouverture. Preuve : fiche d’ouverture ou planning annoté avec tâches avancées, tâches différées et tâches bruyantes décalées.
Identifier ce qui peut être fait avant 7 heures sans créer de nuisance excessive. Qui : chef de chantier. Quand : avant la prise de poste. Preuve : séquencement écrit des tâches du matin.
Préparer les mesures de prévention chaleur. Qui : chef de chantier ou encadrant de proximité. Quand : avant l’arrivée des équipes. Preuve : vérification de l’eau disponible, des zones d’ombre ou d’abri, et rappel oral consigné dans la fiche de journée.
Informer les équipes du nouvel horaire et des consignes. Qui : chef de chantier. Quand : la veille puis rappel à l’ouverture. Preuve : SMS, message, feuille d’accueil ou mention sur compte rendu de prise de poste.
Informer le client, le maître d’ouvrage ou le riverain si le chantier est sensible. Qui : dirigeant, conducteur de travaux ou assistante travaux. Quand : dès validation du décalage horaire. Preuve : mail, SMS ou affichage chantier.
Prévoir le critère d’arrêt ou de report de certaines tâches. Qui : chef de chantier. Quand : au démarrage de la journée. Preuve : consigne écrite courte indiquant qui décide.
Archiver les éléments de preuve. Qui : administratif chantier, conducteur de travaux ou dirigeant. Quand : le jour même. Preuve : dossier numérique ou papier avec arrêté, consigne, messages envoyés et fiche chantier.
Ce n’est pas de la paperasse en plus. C’est de l’anti-chaos.
Checklist rapide
- L’arrêté préfectoral des Deux-Sèvres a autorisé les entreprises du BTP à commencer dès 6 heures du matin, du 20 au 26 juin 2026, du lundi au samedi.
- Cette dérogation était temporaire et concernait les horaires au regard des règles de bruit de voisinage, sans supprimer l’obligation de limiter les nuisances sonores.
- Pour appliquer utilement la mesure, il faut revoir le phasage des tâches et placer les travaux les plus pénibles aux heures les plus fraîches.
- Avancer l’horaire sans adapter l’eau, les pauses, l’ombre et la surveillance des équipes ne suffit pas à prévenir le risque chaleur.
- Une trace écrite courte — décision datée, information des équipes, preuve d’information du client ou des riverains, planning adapté — est le minimum sérieux à conserver.
Modèle 1 : décision interne d’application de la dérogation
Vous pouvez reprendre ce format tel quel dans une note d’une page :
« Chantier concerné : [nom / adresse]. En raison de l’arrêté préfectoral des Deux-Sèvres relatif à l’épisode de canicule, application d’un démarrage anticipé à 6 h 00 pour la période du [date] au [date], dans la limite de la période autorisée. Tâches prévues en première plage horaire : [à compléter]. Tâches bruyantes différées : [à compléter]. Mesures de limitation du bruit : [à compléter]. Mesures de prévention chaleur mises en place : [à compléter]. Responsable d’application sur chantier : [nom]. Information transmise aux équipes le : [date / heure]. Information transmise au client / maître d’ouvrage / riverains le : [date / heure]. Décision validée par : [nom, fonction, signature]. »
Le bon modèle n’est pas celui qui impressionne. C’est celui qu’on remplit en trois minutes et qu’on retrouve en trente secondes.
Modèle 2 : message au client ou maître d’ouvrage
Exemple court à envoyer par mail ou SMS :
« Bonjour, en raison de l’épisode de canicule et de la dérogation préfectorale en vigueur dans les Deux-Sèvres, notre chantier de [adresse / nom] démarrera exceptionnellement à 6 h 00 sur la période autorisée. Cette adaptation vise à réaliser les travaux les plus pénibles aux heures les plus fraîches. Nous limitons autant que possible les opérations les plus bruyantes en tout début de matinée. Bien cordialement. »
Le but n’est pas de faire long. Le but est d’informer avant, pas de justifier après.
Modèle 3 : message simple aux riverains ou affichage chantier
Exemple d’affichage ou de message court :
« En raison des fortes chaleurs et d’une dérogation préfectorale temporaire, le chantier pourra commencer exceptionnellement à partir de 6 h 00 sur la période autorisée. L’entreprise s’engage à limiter autant que possible les nuisances sonores en début de matinée. Merci de votre compréhension. »
Sur un chantier sensible, ce petit message peut éviter beaucoup d’appels inutiles.
Trace à conserver : le minimum sérieux
Si vous appliquez ce type de dérogation, archivez au minimum cinq choses : la copie ou la référence de l’arrêté préfectoral, la décision interne datée, la preuve d’information des équipes, la preuve d’information du client ou des riverains si nécessaire, et la fiche d’ouverture ou le planning montrant le phasage adapté.
Une consigne courte, datée et conservée protège mieux qu’une mémoire approximative.
Enfin, restez strict sur un point : la dérogation de la préfecture des Deux-Sèvres est annoncée comme strictement temporaire. Elle ne vaut que pendant la période définie.
Ce que cet arrêté dit déjà aux PME du BTP
L’arrêté des Deux-Sèvres traite une urgence concrète, mais il envoie aussi un message plus large : la chaleur extrême devient une contrainte de production. La CAPEB parle d’une crise caniculaire historique pour rappeler l’urgence d’adapter le bâtiment. Ce n’est pas qu’un sujet de politique publique. C’est déjà un sujet de management de chantier.
Pour une TPE ou une PME, la leçon est directe : en période de canicule, l’organisation doit bouger avant les hommes. Ceux qui réagissent tôt gardent la main. Les autres courent derrière la météo, les appels des riverains et la fatigue des équipes.
Ce qu’il faut retenir
- L’arrêté préfectoral des Deux-Sèvres a autorisé les entreprises du BTP à commencer dès 6 heures du matin, du 20 au 26 juin 2026, du lundi au samedi.
- Cette dérogation était temporaire et concernait les horaires au regard des règles de bruit de voisinage, sans supprimer l’obligation de limiter les nuisances sonores.
- Pour appliquer utilement la mesure, il faut revoir le phasage des tâches et placer les travaux les plus pénibles aux heures les plus fraîches.
- Avancer l’horaire sans adapter l’eau, les pauses, l’ombre et la surveillance des équipes ne suffit pas à prévenir le risque chaleur.
- Une trace écrite courte — décision datée, information des équipes, preuve d’information du client ou des riverains, planning adapté — est le minimum sérieux à conserver.
Sources et points à vérifier
- Dans les Deux-Sèvres, les entreprises du BTP ont été exceptionnellement autorisées à débuter leurs chantiers dès 6 heures du matin, du 20 au 26 juin 2026, du lundi au samedi.
- Cette mesure déroge aux dispositions de l’arrêté préfectoral du 13 juillet 2007 réglementant les bruits de voisinage.
- L’objectif de la dérogation est de permettre la réalisation des travaux les plus pénibles aux heures les plus fraîches afin de préserver la santé et la sécurité des travailleurs.
- Les entreprises doivent prendre toutes les dispositions nécessaires pour limiter les nuisances sonores, notamment en restreignant l’usage des équipements les plus bruyants et en réduisant la propagation du bruit.
- La préfecture renvoie au RAA spécial n° 79-2026-178 du 19 juin 2026.
- La CAPEB évoque une crise caniculaire historique qui rappelle l’urgence de la rénovation énergétique des bâtiments.



